Le Tchadanthropus Tribune

samedi 25 juin 2011

Tchad: Lu pour vous dans la presse du 20 au 26 juin 2011

L’installation des nouveaux députés à l’hémicycle, la raffinerie de Djermaya, les questions sécuritaires et diplomatiques entre le Tchad et la RCA, la mafia municipale, …

Installation des nouveaux députés à l’Assemblée Nationale «Nouvelle Assemblée, nouveau gouvernement. Ils se battent pour le perchoir», titre à sa Une N’Djamena Bi-hebdo. Le quotidien Le Progrès nous révèle que suite à sa convocation, par décret du président de la république, du mardi 14 juin 2011, l’Assemblée Nationale s’est réunie en session extraordinaire pour le 20 juin 2011. L’ouverture de la première session de la législature était présidée par le plus âgé des députés, appelé doyen d’âge, M. Ouchar Tourguidi (75 ans). Toujours selon [Le Progrès], parlant de l’élection du nouveau bureau de l’assemblée Nationale, la majorité et l’opposition cherchent un consensus. L’hebdomadaire Notre Temps, nous informe dans sa livraison n*458 du 21 au 27 juin 2011, que c’est parti pour la troisième législature, où il accorde des interviews exclusives à Mme Loum Elise qui fait le bilan de la législature passée et de M. Yorongar Ngarlejy sur la nouvelle composition de l’Assemblée. Par ailleurs, le quotidien note qu’une nouvelle opposition parlementaire se crée. «Dix partis politiques de l’opposition démocratique, représenté à l’Assemblée Nationale, conviennent, dans une déclaration rendue publique, par un point de presse, de constituer un front uni de l’opposition parlementaire au sein de la nouvelle assemblée, durant la législature qui commence».
L’inauguration de la raffinerie de Djermaya en fin du mois de juin

Une visite guidée sur le terrain, des journalistes des différents organes de la place a eu lieu, au courant de cette semaine. C’est en prélude à l’inauguration officielle de la raffinerie de Djarmaya que les journalistes ont été conviés pour constater, les installations de cette industrie de pétrole. Selon l’hebdomadaire [La Voix], la capitale N’Djamena sera bientôt éclairée à 100%. Le directeur général de la Société Nationale d’Electricité (SNE), M. Moussa Abakar rassure dans un entretien avec le journal La Voix, que la raffinerie de Djermaya, bientôt opérationnelle, résoudra la crise énergétique à N’Djamena. «Les huit unités de production sont déjà opérationnelles. La raffinerie de Djermaya fonctionne», titre le quotidien Le Progrès à sa Une du jeudi 23 juin 2011. Dans un reportage au sujet de la capacité de cette infrastructure l’on a apprend qu’«au total, nous avons 40 mégawatts produits par la centrale électrique. Les 20 mégawatts sont pour la consommation interne de la raffinerie et les 20 autres seront transférés à N’Djamena. La commercialisation des produits de la raffinerie de Djermaya est prévue pour le mois d’aout 2011. La raffinerie produira, à partir du brut des champs pétroliers de Rônier et de Koudalwa (région du Chari Baguirmi), de l’essence super, du pétrole lampant, du gasoil, du kérosène aviation, du gaz, etc. Sa capacité de production est 20 000 barils par jour. Mais, si la demande est forte, la production pourra aller jusqu'à 60 000 barils jour.

Les questions sécuritaires et diplomatiques entre le Tchad et la RCA

«Le président François Bozizé consulte Idriss Déby Itno», écrit un journal de la place qui rappelle que le président centrafricain est arrivé à N’Djamena, dans la mi-journée du samedi du 18 juin 2011, pour une visite de travail. Il est de retour de Bruxelles, ou il a participé à une réunion des bailleurs de fonds consacrée à son pays. Le Progrès fait savoir que cette rencontre en présence des ministres tchadiens des Affaires étrangères, de l’Administration du territoire, de la Défense nationale, du ministre SGG, était axée sur les questions de défense et de la sécurité entre les deux pays et la recherche de la paix dans la sous région Afrique Centrale. Sinon, poursuit le même journal, deux autres membres du gouvernement présents n’étaient pas conviés à la rencontre. Il précise que les deux chefs d’Etat, tchadien et centrafricain, ont tenu, avec leur homologue soudanais, Omar Hassan El-Béchir, le lundi 23 mai 2011, à Khartoum, une conférence sur la sécurité transfrontalière entre leurs trois pays, avec une convergence de vues sur le renforcement des échanges commerciaux et la cohabitation entre leurs populations. En effet, les trois pays ont crée, une commission tripartite de sécurité.
De la mafia municipale…

«Depuis son arrivée a la tête de la mairie de la capitale N’Djamena, Mme Mbailemdana s’est mue en véritable directrice artistique du pillage en règle qui est exécuté par le maitre d’orchestre, Tady Koumandigar. Un déficit de plus de trois milliards est actuellement injustifié», informe l’hebdomadaire [La Voix] dans sa livraison de la semaine. Il titre: «Silence, on pille à la mairie». Le journal rappelle qu’il est de notoriété publique, dénoncée d’ailleurs, par l’ancien secrétaire général de la mairie, devant la presse nationale, que Mme Mbailemdana Marie-Thérèse a installé une équipe pour «piller les biens des contribuables N’Djamenois». Un autre journal reprend qu’à la mairie de N’Djamena, les détournements de fonds, les fausses factures, le double paiement, sans oublier les surfacturations ont atteint leur summum. La voix dénonce que le plus grave dans les transactions vient du fait que la mairie attribue un contrat à une même personne qui pour les travaux d’aménagement des voiries urbaines, dans les 6ème, 7ème, 8ème et 10ème arrondissements de N’Djamena, était responsable de l’achat des Toyota, etc. Malheureusement, déplore le confrère, aucune activité n’est menée sur ces arrondissements pourtant très éprouvés par la saison des pluies. Par ailleurs, N’Djamena Bi-Hebdo salue l’arrivée de cette saison de pluie en titrant: «Bonjour l’inondation.» Il indique qu’avec les premières pluies qui s’abattent sur la capitale tchadienne, certains quartiers sont déjà sérieusement menacés et que le curage des caniveaux entamé tardivement par la mairie ne les concerne pas. Un hebdomadaire de la place rappelle que l’année dernière, un quartier dans le 9ème arrondissement a connu une sévère inondation dont les victimes se remettent difficilement.

Le recensement biométrique des agents de l’Etat

«Fonctionnaires, à vos dossiers», titre N’Djamena Bi-Hebdo faisant allusion au recensement biométrique de tous les agents de l’Etat. Selon le confrère, le ministre de la Fonction Publique vient de lancer un recensement biométrique destiné à maitriser les effectifs peu maîtrisables de ses agents civils et de la masse salariale. A N’Djamena, les concernés ont un mois pour se faire recenser. «Les premières opérations de recensement biométrique prévues pour le 13 juin 2011, à N’Djamena avant de s’étendre au Tchad profond, ont été officiellement lancées le 20 juin. Le ministre de la Fonction Publique him self, Abakar Abdoulaye, a donné l’exemple, en se faisant recenser, le 21 juin dans son ministère», informe N’Djamena Bi-Hebdo. Le quotidien pour sa part explique que selon le ministre de la Fonction Publique, la non-maîtrise des effectifs figure parmi les carences décriées dans le cadre de la reforme de la Fonction Publique. Le confrère affirme c’est ce qui a amené le gouvernement à adopter cette stratégie. Le ministre de la Fonction Publique d’ajouter que jusque-là, il y a des agents qui continuent à percevoir les salaires d’autres, décédés. Certains ont plusieurs salaires et ceux qui ont quitté la Fonction Publique pour des ONGs ou d’autres continuent de percevoir leur salaire. Après ce recensement, si l’agent ne se présente pas pendant une durée de trois mois pour son salaire, il sera radié de la Fonction Publique.

vendredi 24 juin 2011

Pénurie d’eau: Des villages lancent un SOS

Alwihda)
 
« Les discours politiques paralysent nos oreilles. Pour nous les éleveurs, le problème de l’eau se pose cruellement. Nous voulons un point d’eau pour nous servir à boire et aussi à nos bétails.
Pénurie d’eau: Des villages lancent un SOS
 
Un mouvement dans le Tchad profond nous campe évidement sur la problématique de l’eau. L’extension de forage de point d’eau est en toute sincérité hypothétique au pays de Toumaï. Dans de grands centres urbains, les citadins souffrent surtout de manque d’eau en période de canicule. Tandis dans les campagnes les villageois et leurs bétails en souffrent tout au long des saisons. Les forages artésiens et équipés n’existent pas au Tchad. Il est dit quelque part que l’eau est la source de vie. Mais dans l’esprit de beaucoup de nos concitoyens villageois que nous avons rencontrés, la pénurie d’eau constitue plutôt la source d’une mort lente. Les autorités tournent le cap du développement vers la campagne. Mais il s’agit effectivement de quel développement ?les femmes se lèvent tôt, juste pour chercher cette source de vie mais elles attendent  plusieurs heures pour n’en prendre qu’une dizaine de litres. Ceci pour tout le ménage et pour toute une journée. Quelque fois les villageois boivent de l’eau de surface. Ils utilisent jusqu’aujourd’hui à l’ère pétrolifère des puits traditionnels. Certains responsables des organismes internationaux œuvrant dans d’autres villages dans le cadre de la santé, de l’agriculture et qui trouvent ces puits ancestraux s’étonnent. Bien que le principe d’accès libre à l’eau potable soit reconnu, disons en ce sens que l’eau est du fait réservée en priorité à des individus ou regroupement d’individus qui ont autorité sur ce point d’eau. Ce qui ne se constate pas au Tchad. Que fait le ministère d’eau ? que fait le projet hydraulique villageois ? Est –il un projet de mangement? Si c’est un projet conscient de développement villageois comme le nom indique, il doit multiplier des forages artésiens de pompe manuelle. Regardons l’image de vieilles femmes en attente de l’eau parce qu’il y a pénurie et un attroupement fort autour d’un point d’eau. Elles ne peuvent pas se tenir debout pendant plusieurs heures sur les pieds. En cette période des pluies, les villageoises recueillent l’eau du toit de leurs huttes ou elles prennent de l’eau dans des mares environnantes pour en utiliser dans la cuisine et boire. Souhaitons un sourire en milieu des désarrois. À vrai dire la population campagnarde fait face sérieusement au manque d’eau hygiénique. Elle ne sait à quel saint se vouer. A en croire cette population du Tchad profond, elle en a marre avec les discours des politiques promettant faire des forages en sa faveur, construire des routes, des écoles, des centres de santé … Elle estime que c’est de blabla. Elle prétend voir le concret sur le terrain.
 
«  Les discours politiques paralysent nos oreilles. Pour nous les éleveurs, le problème de l’eau se pose cruellement. Nous voulons un point d’eau pour nous servir à boire et aussi à nos bétails. Nos femmes supportent pour nous trouver de l’eau à nous laver. Nous voulons ici dans notre village rien que de l’eau.  Sauf ça.  Sinon vos discours ne nous arrangent pas. Je vous pose une question est ce que les gens que Deby donne l’argent pour le forage qui bouffent ou il ne leur donne rien pour nous les villageois ? Nous souffrons avec nos animaux qui sont l’économie de nos foyers », s’insurge un éleveur des chameaux.
Alors que nous vivons une pénurie d’eau exagérée, on nous promet de boire du lait à notre soif !

Tchad: l'ex-rebelle Koulamallah libéré et gracié par Deby

LIBREVILLE — L'ancien cadre rebelle tchadien Abderaman Koulamallah, arrêté à son retour d'exil à N'Djamena, a été libéré vendredi après plus de deux semaines de détention après avoir obtenu la grâce présidentielle d'Idriss Deby Itno, a-t-il annoncé par téléphone à l'AFP à Libreville.

"Je suis libre, je suis chez moi", a déclaré le cadre de l'Union des forces de la résistance (UFR), coalition de plusieurs factions rebelles tchadiennes dont il était le porte-parole, qui avait été placé sous mandat de dépôt le 8 juin, au lendemain de son retour de France.

"Le président de la République a signé un décret de grâce" vendredi midi, a-t-il affirmé, expliquant que "mercredi, le conseil supérieur de la magistrature s'est réuni pour donner à l'unanimité un avis favorable à ma demande de grâce".

M. Koulamallah avait été condamné par contumace à la perpétuité pour "atteintes aux institutions républicaines, destruction des biens publics, intelligence avec l'ennemi, atteinte à la sûreté de l'Etat".
Il a indiqué avoir été bien traité. On m'a laissé mon téléphone portable, j'avais une chambre climatisée avec télévision, les visites étaient permanentes, j'ai pu aller me faire soigner".
"Je ne regrette pas d'être revenu au Tchad", a-t-il dit.

"Je lance un appel aux autorités pour trouver une formule pour que les condamnés ne passent pas par la case prison et qu'on ferme définitivement le dossier de la lutte armée", a-t-il tenu à dire.
Avant son retour, il avait annoncé à l'AFP avoir "décidé de mettre fin à la lutte armée".
La coalition de partis d'opposition et mouvements rebelles du Conseil national pour le changement et la démocratie (CNCD) avait dénoncé lors de son arrestation "la politique du piège tendu".

En mai 2010, des dissensions au sein de l'UFR créée en janvier 2009 avaient conduit à une scission de la plus importante coalition rebelle, les deux leaders les plus charismatiques de la rébellion le général Mahamat Nouri et Timan Erdimi décidant de poursuivre la lutte chacun de leur côté.

Depuis plus d'un an, le Tchad et le Soudan sont engagés dans un processus de normalisation de leurs relations après cinq ans de guerres par rébellion interposées. En gage de bonne foi, chacun a expulsé des chefs de mouvements armés hostiles à son voisin.

jeudi 23 juin 2011

Il faut choisir son camp.

Il faut choisir son camp.

Amis révolutionnaires, contestataires et activistes. Je ne saurais vous le dissimuler plus longtemps. L’heure est venue de dire haut et fort que les revendications du changement sont légitimes. On n’en peut plus des balivernes justifiant la comédie hermaphrodite des gens qui se disent révolutionnaires et qui s’adonnent aux cirques du régime débyfole. Comment comprendre l’esprit de la lutte, et ne pas aller jusqu’au bout. Comment convaincre un camarade sur un idéal quand en soi même l’esprit est versatile. Il est clair qu’il faut sonner les clochers. Si par malheur l’essence de la lutte s’est arrêtée aux confins des frontières tchado-soudanaises uniquement par amateurisme et manque d’ambition de quelques-uns, il faut savoir qu’au sein des classes populaires et la jeunesse, la lutte continue sous toutes les formes.

Maintenant, assez de minauderies et gageons de comprendre que le système d’Idriss Déby Itno est le pire des régimes ayant sévit au Tchad. Sa responsabilité est avérée dans la corruption, la gabegie, le clientélisme, le tribalisme, le népotisme et l’arrogance. Continuons de combattre cette léthargie jusqu’au bout des limites, car l’excellence recherchée est la délivrance du peuple tchadien du joug d’un clan qui le siphonne jusqu’à la lie. Cela fait bientôt 21 ans que ce régime perdure dans la honte et l’incapacité de conduire notre pays vers un essor de développement et de progrès. A ce moment précis une lutte de classe s’opère entre des énergumènes nantis par les détournement publics, le vol à haute voltige et une population laissée à son propre sort : Malnutrition, cherté de vie, manque de soins appropriés, manque d’eau potable, pas ou plus d’électricité et une école dépréciée.

21 ans de régime identique qui se fige comme un glas et proposant le dicktat et la démesure. En notre sein, la réorganisation doit être de mise et la contestation devrait être le leitmotiv qui partout doit s’ériger en nature de changement démocratique. Il faut choisir son camp que de subir à toute échelle les affres de ce régime des Itno, qui sait appâter ses proies et les humilier à vie.

Maintenant ou jamais, l’élan ne fait que commencer.

Le Tchad : conditions de vie et de travail de ses agents diplomatiques à l’extérieur !

Par Talha Mahamat Allim
Genève, Suisse.


Ces dernières années, le fonctionnement du système diplomatique tchadien s’apparente à une pathologie incurable ; la cooptation clientéliste basée sur des réseaux politico-diplomatiques cloisonnés continue a en être le moteur, suscitant contestation, désapprobation, frustration, indignation aussi bien à l’intérieur même de la classe politique et diplomatique tchadienne qu’à l’extérieur.

Limités à entretenir leurs cercles d’influence et à protéger leurs privilèges, se méfiant les uns des autres, les membres de ces réseaux mettent en scène des pratiques qui ne concourent pas au bon fonctionnement des institutions publiques qu’ils sont censés servir. On ne peut construire une équipe qui gagne dans la méfiance et les cachotteries, mais dans la confiance et la transparence.

De ce fait, le décalage dans l’approche diplomatique entre certains chefs de mission et leurs collaborateurs constitue un indicateur important sur l’état de fonctionnement de la politique étrangère du Tchad, sur ses valeurs et ses intérêts à défendre. Le plus souvent ces chefs de mission constatant des défaillances à leur niveau en terme d’apports constructifs pour leur pays, jouent du pouvoir que procurent leurs fonctions pour masquer leurs faiblesses. C’est ce que certains appellent la mystification du pouvoir qui se voit vite démystifié.

C’est ainsi que, en ne se préoccupant que de leurs intérêts personnels et de leurs petits territoires, ces décideurs ne se soucient guère du sort de leurs collaborateurs , encore moins de la population qu’ils sont censés servir. Au regard de la dégradation généralisée des conditions de vie et de travail des agents de l’Etat, il nous semble utile de mettre en évidence dans cet article, la situation du personnel diplomatique dans la perspective de son amélioration.

En suivant le fil conducteur du système diplomatique tchadien, une question mérite d’être posée. Le gouvernement tchadien se préoccupe-il  réellement de ses propres représentants à l’extérieur? Sur cette question qui demeure d’actualité, beaucoup a été dit et écrit. Le moins que l’on puisse dire, c’est que dans certains pays, nos représentants diplomatiques vivent dans des conditions peu reluisantes, pour ne pas dire difficiles, pour un pays pétrolier comme le Tchad et au regard des enjeux que nos représentants sont censés défendre dans les pays ou ils sont accrédités.

La formule de "clochardisation" des diplomates tchadiens utilisée dans les années 90 n’est pas à exclure. Il est révoltant, choquant et inadmissible de voir des diplomates tchadiens avec conjoints et enfants tirent le diable par la queue pendant que leurs responsables vivant aux frais de l’Etat ne se soucient même pas de leur misère. Certains diplomates ne sont même pas en mesure de faire venir leurs familles craignant le lourd fardeau qui se dressera sur leur chemin. Quant au personnel d’appui (chauffeurs, cuisiniers…), n’en parlons pas, c’est tout simplement scandaleux. Ce qui est paradoxal, c’est que le personnel recruté localement dans la même mission diplomatique gagne mieux que nos diplomates, parce que il faut respecter les règles du pays d’accueil.
   

La vision oligarchique qui s’est installée dans certains missions diplomatiques tchadiennes ne favorise pas l’émergence d’une solution durable et globale dans nos chancelleries. On assiste malheureusement dans certaines ambassades tchadiennes à un système personnifié marqué par une diplomatie affairiste et de bas étage, pas loin de ce que Bertrand Badié a qualifié de "diplomatie de club fondée sur une connivence frileuse et défensive, aux lacunes nombreuses, plutôt que sur une réelle gouvernance en quête d'efficacité".

Dans ce contexte, le chef de mission détient, contrôle et décide tout. Un des éléments les plus parlants est le fait qu’il perçoit même des frais de mission lorsqu’une délégation officielle est en mission dans sa juridiction, et il est le seul dans cette situation. Cette étrange conception de la politique étrangère à la tchadienne mérite d’être revue et que l’argent des contribuables tchadiens puisse être mieux orienté. Il est souhaitable qu’on puisse diligenter une enquête afin de déterminer les graves dysfonctionnements pour mieux respecter les règles administratives et améliorer le fonctionnement du système.

Dans ce contexte, faut-il considérer que les diplomates tchadiens en poste à l’étranger n’ont plus droit à des conditions de vie décentes ?  Faudrait-il laisser à la merci de tous les aléas cette catégorie des fonctionnaires de l’Etat censée représenter dignement le Tchad ? Faudra-il faire des diplomates tchadiens la risée du monde ? Face à l’absence de la prise en compte des revendications légitimes des agents de cette profession, il ne serait pas étonnant que l’image de marque du pays et en particulier celle du Chef de l’Etat  de qui dépend la politique extérieure en soit sérieusement affectée.

Face à l’état actuel du système diplomatique tchadien-tant sur le plan de la politique étrangère que des ressources et de leur gestion, il nous paraît indispensable d’organiser les états généraux de la diplomatie tchadienne. Les assises de ces états généraux doivent permettre de dresser un état des lieux sans complaisance et de formuler de recommandations aux décideurs concernés. L’objectif final est la création des conditions pouvant permettre aux institutions et structures diplomatiques tchadiennes de mener une véritable diplomatie de paix et de développement.

Tchad : l’opposition tchadienne s’organise face au parti au pouvoir

(N’Djaména, 22 juin2011) – Une dizaine de partis politiques de l’opposition représentés l’Assemblée nationale s’est réunie le mardi 21juin 2011 à la maison des médias du Tchad. A son ordre du jour : la constitution d’une plate-forme au sein de laquelle ils se retrouveront pour mener une opposition conséquente face au parti au pouvoir, majoritairement représenté à l’Assemblée nationale. Nous devons jouer véritablement notre rôle de contre pouvoir afin de répondre aux attentes de la population tchadienne, a commenté leur porte-parole pour la circonstance.

Laoro Gondjé

"L'opposition actuelle, réduite à sa portion congrue, ne ne peut qu"amuser la galerie"

Au moment où les députés viennent d'être installés pour la troisième législture, le Député Fédéraliste Yorongar Ngarlejy passe en revue l'opposition à l'hémicycle ainsi que la configuration de l nouvelle Assemblée.
 
Notre Temps :  Vous avez actuellement 4 députés seulement à l’Assemblée Nationale, que pensez-vous de la formation des groupes parlementaires état donné que des informations que nous détenons, il risque d’avoir deux groupes? 
Ngarlejy Yorongar : Rappelez-vous qu’en 1977, l’URD et l’UNDR avaient entre 15 et 21 députés et qu’en 2002, ils sont réduits, par le fait de prince, à moins de 5. Au Tchad, aucun parti politique y compris le Mps ne peut évaluer sa force sur le terrain à cause de la CENI et du Conseil Constitutionnel taillés sur mesure pour le besoin des fraudes électorales. Comme le règlement intérieur de l’Assemblée Nationale fixe le quota à dix députés pour former un groupe parlementaire, je crois que vous avez la réponse vous-même à cette question.
 
Notre Temps : L’opposition n’ qu’une quarante députés dans la nouvelle Assemblée, quelles sont les marges de manœuvre dont elle dispose pour bloquer certains dossiers qui risquent de mettre à mal le bien être de l population tchadienne ?
 
Ngarlejy Yorongar : Ce n’est pas avec vingt huit ou vingt neuf députés que cette opposition hétéroclite peut se permettre de bloquer l’adoption des lois antinationales étant entendu que la minorité de blocage pour des lois organiques est d’un tiers (33 députés). Or, le Mps, à lui seul, dispose de deux tiers des députés à cette Assemblée Nationale, pour la plupart, «décrétés» aux fins de disposer de la majorité mécanique pour faire passer toutes les lois initiées par son gouvernement Mps. Donc, l’opposition actuelle réduite à sa portion congrue ne peut qu’amuser la galerie à la satisfaction de tous ceux qui, de l’intérieur ou de l’extérieur du Tchad, ont roulé leur mécanique pour que le Mps en arrive à ce résultat défiant toute concurrence de la République bananière comme la nôtre. Suivez mon regard.
 
Notre Temps : Quel est votre regard de la nouvelle configuration ?
 
Ngarlejy Yorongar : Des élections législatives et présidentielles de 2011 sont illégales à tous les points de vue. Elles ont accouché des députés et un président de la République totalement illégaux. Ceux-ci ne peuvent que poser des actes, tout aussi, illégaux, nuls et de nullité absolue. Pour preuves, les décrets pris par l’exécutif présidé par Idriss Déby pour organiser les législatives et les présidentiels sont frappé de nullité, d’irrégularités et d’illégalité, à savoir, entre autres :
 
Ø  le décret n°370 du 2-4-2010 portant désignation des membres des démembrements de la CENI est pris en violation des articles 16, 17 et 18 de la loi n°020 du 19-12-2008 portant création de la CENI pour défaut de ces démembrements sous-préfectoraux ;
 
Ø  le décret n°371 du 2-4-2010 portant désignation des Présidents des démembrements de la CENI est pris en violation des articles 2 et 4 de cette même loi n°020 pour le même défaut
 
Ø  le décret n°394 du 4-5-2010 portant nomination des membres des démembrements sous-préfectoraux de la CENI, lesquels ne sont pas prévus par la loi pour le même défaut ;
 
Ø  le décret n°446 du 4-5-2010 fixant l’indemnité mensuelle des membres des démembrements de la CENI étant entendu que les démembrements sous-préfectoraux ne sont pas prévus cette loi ;
 
Ø  le décret n°1073 du 18-12-2010 portant publication des listes électorales n’a publié que le nombre des électeurs en violation de l’article 19 nouveau du code électoral ;
 
Ø  le décret n°068 du 2-2-2011 portant publication des listes électorales des Tchadiens de l’étranger ne publie que le nombre des électeurs de l’étranger au lieu des listes électorales comme le prévoit le code électoral ;
 
Ø  le décret n°044 du 14-1-2011 portant publication de la liste complète des bureaux de vote n’a publié que le nombre des bureaux de vote en violation de l’alinéa 2 de l’article 38 du code électoral ;
 
Ø  le décret n°160 du 7-2-2011 portant convocation du corps électoral ne mentionne que le scrutin du 3 février 2011 et non des 24 avril et 25 avril 2011 en violation de l’article 64, alinéa 1 de la constitution et de l’article 34 du code électoral ;
 
Ø  le décret n°248 du 23-3-2011 portant publication de la liste complète des électeurs tchadiens de l’intérieur et de l’extérieur, liste prévue à son article 2 n’est pas jointe à ce décret etc.
 
De même :
 
Ø  la décision n°003/P.CENI/201 du 15-3-2010 portant nomination du personnel permanent du Bureau Permanent des Elections prise par le président de la CENI seul en violation de l’article 22 de la loi n°020 du 19-12-2009 sans qu’elle ne soit approuvée par la plénière de la CENI ;
 
Ø  l’’accréditation de la Coordination de la Mission d’Observation Electorale de la Société civile Africaine (COMOESCA) décidée unilatéralement par le Président de la CENI sans requérir la décision de la CENI,
 
Ø  le chronogramme adopté, le 9-10-2010, à la Présidence de la République sous la direction du Chef de l’Etat et non au siège de la CENI comme le dispose la loi n°020 ;
 
Ø  le protocole d’accord additionnel signé entre le président de la CENI et la l’Union Européenne sans l’avis de la plénière. Faut-il rappeler qu’IDI n’a pas démissionné de son poste de sultan de Dar Bilia comme l’exige la loi n°013 relative aux chefs traditionnels qu’il a lui-même promulguée etc.
 
Malgré tous ces griefs, le Conseil Constitutionnel n’a pas examiné notre recours en annulations en annulation des législatives et balaie d’un revers de main le recours en annulation des présidentielles. Et pourtant, le même Conseil Constitutionnel a annulé le décret n°229 de 2005 lors du référendum de 2005 créant ainsi une jurisprudence. Faut(il également rappeler que l Chambre administrative de l Cour Supprême se rend aussi coupable de déni de justice comme le Conseil Constitutionnel. De ce qui précède, si les leaders des partis politiques de l’opposition sont conséquents avec eux-mêmes, ils doivent rejeter purement et simplement les résultats de ces élections. Et exiger de nouvelles élections. Mais, hélas, ils sont tenus en laisse par le pouvoir pour avoir été coupables des affaires maffieuses lors de leurs navettes incessantes entre ledit pouvoir aux fins de brouter l’herbe là où ils attachés et l’opposition qui rongent ses freins ! Avec cette configuration-là, que peut faire cette opposition non compacte, non cohérente, non homogène, non harmonieuse, non militante ? Vous allez voir qu’ils allaient se bouffer le nez pour le partage des miettes que leur concédera au sein des bureaux et des Commissions de l’Assemblée Nationale.  Wait and see.

Le Député Ngarlejy YORONGAR.