Le Tchadanthropus Tribune

mardi 5 juillet 2011

Mouammar Kadhafi est rattrapé par l'histoire.

L'Union Africaine (UA) peut-elle encore sauver Mouammar Kadhafi " le Guide de la révolution universelle, du livre vert et le roi des rois africains " face à l'histoire ? 

Le cours de l'histoire est immuable et nul ne peut le changer. Le conflit libyen a occupé la première place au dernier Sommet de l'Union africaine le 30 juin et le 1er juillet 2011.

Un certain nombre de résolutions ont été prises à ce sujet :

1---L'Organisation panafricaine a condamné de manière explicite l'action de l'ONU pour la protection des populations civiles libyennes contre la folie meurtrière de Mouammar Kadhaf.

2---Elle a proposé une sortie de crise négociée et honorable pour le "Guide de la révolution universelle" 

3---elle a formulé le vœu que le Peuple libyen puisse décider de son avenir.

L'Union Africaine a une fois de plus surpris plus d'un observateur averti. Les peuples africains, celui de la Libye en premier lieu, attendaient bien mieux que ces dites résolutions de ce Sommet, en ce moment de mutation politique historique en Afrique et au Moyen- Orient. 

En ce moment où le respect des droits de l'homme et des peuples s'impose à tous et à chacun, Les dirigeants africains ne comprennent pas la condamnation par l'Union africaine d'une action internationale pour la protection des populations civiles libyennes contre la violence bien connue de Mouammar Kadhafi , cet homme qui plongé et maintenu le peuple Libyen dans la terreur et la privation totale de tous les droits du citoyen quarante-deux ans durant , cet homme auto-proclamé " Guide de la révolution universelle et ROI des rois africains " , cet homme qui a exporté la violence et le terrorisme aveugle partout en Afrique et ailleurs.

Les souffrances infligées au Peuple tchadien, l'occupation  barbare, insolente et humiliante  de la partie nord du Tchad pendant treize ans (1974-1987) par la légion islamique de Mouammar Kadhafi restent encore gravées dans la mémoire des Tchadiens.  Le souvenir atroce des attentats de Lockerbie (Angleterre) et du désert de Ténéré (Niger) a marqué des centaines de personnes, et fait périr plusieurs personnes  innocentes. Cela est encore vivace dans la mémoire des proches de ces victimes de Mouammar Kadhafi.

Toutes celles des personnes victimes de la violence aveugle et du terrorisme de cet homme que d'aucuns  appellent " Le diable de Syrte  " n'ont pas encore oublié ces supplices.

Est-il besoin de rappeler ici que les ingérences et les interventions militaires dans d'autres États africains (en Ouganda, au Tchad, en Centrafrique par Idriss Deby) ont été des œuvres bien connues de Mouammar Kadhafi dit "Guide de la révolution universelle du livre vert et ROI des rois africains ".

Comment la conscience africaine peut-elle oublier tous ces crimes contre l'humanité ? Les aventures criminelles et les actes terroristes du " ROI des rois africains " ont persisté jusqu'à la Révolution du 17 février 2011 et les frappes de l’OTAN.

Une sortie négociée et honorable pour Mouammar Kadhafi ?  

Franchement, c'est trop demandé au Peuple libyen. Oublie-t-on qu'il y a à peine quelques mois que le Guide de la révolution, ROI des rois africains traitait ses opposants de " Kilab dalla "(chiens errants) ? Comment l’U.A peut-il demander à ces citoyens libyens traités de chiens errants de faire une sortie honorable à celui-là même qui les traitait ainsi ? Quant à son avenir, le Peuple libyen l’a pris en main dès le 17 février 2011 et nul n’a des leçons à lui donner.

L’Afrique des Chefs d' État doit se rendre compte que Mouammar Kadhafi est rattrapé par l'histoire et qu'on ne peut le sauver. Les verdicts des peuples et de l'histoire sont irrévocables  

  LE  PEUPLE  LIBYEN  VAINCRA  !!!

 Le 06  juillet  2011

                  Général  Mahamat Nouri Allatchi

Tchad: la force militaire française Epervier ne se justifie plus, annonce Juppé

PARIS — Le chef de la diplomatie, Alain Juppé, a déclaré mardi que le dispositif militaire français au Tchad, appelé Epervier et fort de plus d'un millier d'hommes, ne se justifiait plus et devait être rapatrié.
"Nous sommes en train de discuter avec le Tchad d'un nouvel accord de coopération. Nous avons un dispositif là-bas, Epervier, avec plus d'un millier d'hommes, dont la présence ne se justifie pas, que nous avons (...) à rapatrier", a déclaré le ministre lors d'une audition devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.
En janvier, alors qu'il était encore ministre de la Défense, Alain Juppé avait affirmé que Paris était prêt à faire "évoluer" ce dispositif. "Nous ne souhaitons pas rester forcément dans le format actuel, nous sommes prêts à évoluer vers quelque chose qui évolue davantage vers la coopération entre le dispositif Epervier et l'armée tchadienne", avait-il dit. Ses nouvelles déclarations de mardi semblent indiquer que Paris n'entend pas laisser de troupes au Tchad. Le 11 août 2010, le président tchadien Idriss Deby avait remis en cause Epervier, lançant: "Nous nous acheminons vers une révision de l'accord de siège entre Epervier et le Tchad".
Il reprochait notamment à la France de ne rien payer pour sa présence militaire. Cette remise en cause était intervenue dans un contexte de normalisation des relations entre le Tchad et le Soudan, après cinq ans de guerre par rébellions interposées.
A l'époque, Alain Juppé avait simplement rappelé que le dispositif Epervier était au Tchad "à la demande des autorités tchadiennes dans le cadre de l'accord qui lie les deux pays". "Nous ne nous imposons pas", avait-il assuré. Avec 950 hommes environ et des avions de chasse, l'opération Epervier avait été déclenchée en 1986, après une offensive des forces armées libyennes qui soutenaient le dirigeant tchadien Goukouni Oueddei, renversé quelques années auparavant par Hissène Habré.
Depuis, les militaires français n'ont plus quitté le pays, gardant notamment une base sur l'aéroport de N'Djamena et une autre sur l'aéroport d'Abéché dans l'Est. Le dispositif assure deux missions permanentes : la protection des intérêts français et la sécurité des Français résidant au Tchad. En février 2008, alors qu'une offensive rebelle avait atteint N'Djamena, le dispositif Epervier avait ainsi évacué plusieurs centaines d'étrangers et fourni un précieux appui logistique et de renseignement aux forces d'Idriss Deby.
"Nous avons une politique de redéploiement", a insisté mardi Alain Juppé devant les députés. "Je vous rappelle que la force Licorne en Côte d'Ivoire, de 1.700 militaires au plus fort de l'intervention (va être réduite) à 300-400 hommes à la fin de cette année", a-t-il ajouté. Le président Nicolas Sarkozy avait annoncé en 2008 une refonte de la présence militaire française en Afrique, avec la renégociation des anciens accords de défense liant Paris à ses anciennes colonies et une approche désormais plus européenne des relations de sécurité avec le continent.
Depuis le départ annoncé en avril 2010 des troupes françaises stationnées au Sénégal, la France compte encore trois bases permanentes en Afrique (Djibouti, Gabon et Réunion).

lundi 4 juillet 2011

Revue de la presse tchadienne

Quatre thèmes occupent de manière constante les colonnes des journaux : l’élection du bureau de l’Assemblée nationale, la réception de la fibre optique, les indicateurs de santé et l’inauguration de la raffinerie de Djermaye.

A l’exception de Notre Temps et Le Temps que notre rédaction n’a pu se procurer, nous avons parcouru pour vous le quotidien Le Progrès, N’Djaména Bi Hebdo, et l’hebdomadaire L’Observateur.
Au sujet de l’Assemblée nationale, le Bi hebdomadaire a titré : Jacques Haroun Kabadi (JHK) au perchoir. Dans sa parution du 27 juin, le journal indique que c’est au terme d’un long marathon que le secrétaire général du MPS, le Dr diplômé d’institut, Haroun Kabadi est arrivé au perchoir, secondé par l’autre Dr, diplômé d’Université, le très volubile Kassiré Coumakoye. Un attelage signé président-fondateur ; (allusion au président Idriss Déby, Itno, fondateur du parti au pouvoir, ndlr) « Il faut dire que Kabadi a bataillé ferme dès les premières heures. Et il a fini par s’imposer au président-fondateur, reprenant en compte le dossier des négociations avec l’opposition pour les strapontins au sein du bureau », informe N’Djaména Bi-Hebdo qui revient un peu sur le profil et le parcours politique de l’actuel président de l’Assemblée nationale. Après avoir occupé des fonctions administratives et gouvernementales, primature y compris, JHK est désigné par ses pairs, à la suite d’une « consensus », président de l’Assemblée nationale, « son premier mandat électif pour la circonscription du Lac Iro, (département de la région du Moyen Chari, ndlr).
« Après plusieurs tractions, les députés ont élu par acclamation…le 23 juin 2011, président de l’Assemblée nationale, le député Haroun Kabadi, renchérit le quotidien Le Progrès du 24 juin. A la lecture de la configuration du nouveau bureau de l’Assemblée nationale, poursuit notre confrère, on constate l’entrée de deux députés de l’opposition parlementaire, membre de l’Union nationale pour le Développement et le Renouveau (UNDR) du député Saleh Kebzabo, (dans le bureau de l’Assemblée, ndlr). L’entrée de ces deux députés de l’UNDR dans le bureau de l’Assemblée nationale obéit, sans nul doute, au principe de la représentativité, suivant la taille des partis politiques, analyse le journal qui a consacré, tout comme N’Djaména Bi-Hebdo, ses colonnes à la photo de famille des membres de ce bureau.
« Visiblement ému, rapporte le quotidien, le secrétaire général du MPS (actuel présent de l’Assemblée nationale, ndlr), après avoir reçu le bâton de relai des mains du doyen d’âge, le député Ouchar Tourgoudi, déclare que l’Assemblée nationale devant s’adapter à la nouvelle donne, des réformes s’avèrent indispensables pour rendre les structures plus efficientes et plus efficaces dans leur fonctionnement ». Pour le nouveau président, indique Le Progrès, le « bureau d’ouverture », (expression empruntée à Kabadi, ndlr), « de l’Assemblée nationale plurielle est le témoignage éloquent d’une recherche constante du consensus politique depuis l’avènement du MPS au pouvoir. Ce souci permanent du consensus a pour objectif principal, la paix, qui conditionne tous les projets de développement pour le progrès social du Tchad ». Et le président Kabadi de rappeler à ses collègues de l’opposition parlementaire « qu’en démocratie parlementaire, la majorité soutient le gouvernement pour atteindre les objectifs de son programme politique…et l’opposition doit également jouer son rôle, en critiquant le gouvernement sur des politique sociales et culturelles qu’elle considère insuffisantes pour le bien-être du peuple tchadien. Cependant, souligne le président de l’Assemblée nationale, dans les colonnes de notre confrère, l’objectif poursuivi n’est et ne devrait pas, être de s’opposer, systématiquement, aux actions du gouvernement, mais de rechercher des voies et moyens pour mieux servir le peuple tchadien ».

Kabadi-Kassiré : un tandem de tous les dangers, titre à sa une L’observateur du 29 juin. « Le bureau de l’Assemblée nationale vient d’être constitué. Ce sont deux enfants terribles de la politique tchadienne qui sont appeler à le présider », écrit notre confrère qui s’est attardé sur les deux personnages. « Haroun Kabadi très populaire pour ses déboires avec la justice tchadienne… a en main le destin de cette institution qui avait même du mal à fonctionner au temps de Guélengdouksia, (président d l’Assemblée nationale sortante, ndlr), un homme mesuré et très réservé. Il sera secondé par Nouradine Delwa Kassiré, bien qu’un allié du pouvoir, il n’a jamais gardé sa langue dans la poche. C’est u qui ne passe pas par les anges pour parler au « Bon Dieu », ‘(allusion à Déby, ndlr). Ainsi, c’est un tandem de tous les dangers qui est là et les jours à venir promettent de chaudes empoignades à l’hémicycle », alerte L’Observateur.
Après le parlement, la réception par le Tchad de la Fibre n’est pas passée inaperçue dans les pages de nos confrères.
Ainsi titre N’Djaména Bi hebdo du 27 juin 2011 : Fibre optique : d’un projet à la réalité. Notre confrère revient sur la cérémonie de réception, le 23 juin , à la chambre d’équipement de Goudji, de la finition des travaux du réseau national d’infrastructure à fibre optique par le ministre des Postes, des technologies de l’information et de la communication, Jean Bawoyeu Alingué, et le directeur général de l’Office tchadien de régulation des télécommunications, Idriss Saleh Bachar Pour le ministre Alingué, cité par notre confrère « Aujourd’hui, la fibre optique est devenue une réalité dans notre pays… La construction de la première phase du réseau national à fibre optique a été entière financée sur les ressources propres du Tchad. Elle va permettre à notre pays de s’arrimer à la société mondiale de l’information, etc. », Et le ministre de rappeler que ce projet « permettra au Tchad de fournir des services de qualité au coût onéreux et à des débits importants …et à l’ensemble de la population tchadienne de profiter des avantages de la fibre optique ».
La fibre optique, écrit Le Progrès, est réceptionnée, son efficacité est testée … en télémédecine » « Cet outil technologique, poursuit notre confrère qui rapporte le propos du ministre, permettra, assurément, au Tchad de s’arrimer à la société mondiale de l’information et peut, légitimement, être fier du saut qualitatif qui vient d’être effectué. C’est au regard du défi de la fracture numérique que s’apprécie l’effort fourni pour doter le Tchad de la fibre optique qui non seulement, assurera le progrès en matière de communication, mais, permettra de booster, également le développement économique et social ».

Pour Jane Bawoyeu Alingué, « Une bonne œuvre se doit d’être complète et ne peut s’arrêter en si bon chemin. « Ainsi la prochaine étape concerne la connexion du Tchad dans les toutes prochaines semaines, via la Cameroun, au câble sous-marin SAT 3 situé sur la façade de l’Afrique », annonce-t-il dans les colonnes du journal Le Progrès. « Mais pour une bonne réussite de ce projet, il faut une réglementation saine, d’accompagnement, dans le processus de création de nouveaux services. A cet effet, l’OTRT a pris des initiatives en amont, en confectionnant un projet de cahier de charges qui prend en compte tous les aspects réglementaires », informe le directeur général de l’OTRT. A cette cérémonie de réception, l’assistance a suivi en direct, à partir de l’hôpital de la mère te de l’enfant de N’Ndjamena, une séance d’opération chirurgicale à l’hôpital régional de Moundou où les chirurgiens et anesthésistes de Moundou échangeaient avec leurs collègues de N’djamena.

Rappelons que ce projet, au lieu de treize milliardsinitialement prévus comme investissement, a coûté finalement dix huit milliards francs CFA, entièrement financés par l’Etat tchadien.
Nos confrères se sont aussi intéressés à la rencontre qu’avait eue le président avec certains de ses collaborateurs en matière de Santé. A ce sujet le quotidien Le Progrès du 27 juin titre à sa une « Une réunion mensuelle sur la santé est instituée ». Notre confrère fait allusion à cette rencontre qui a eu lieu le vendredi 24 juin, au palais présidentiel, entre le chef de l’Etat, le premier ministre, la ministre de la Santé publique et le représentant de l’Organisation mondiale de la Santé « pour faire le point sur la situation de la santé publique au Tchad ». Selon la ministre de la Santé, citée par notre confrère, « c’est une réunion de prise de contact de haut niveau. Elle a permis d’instituer une rencontre mensuelle, le 24 de chaque mois avec le chef de l’Etat pour faire la situation sur l’état de la santé au Tchad ». « Le président de la République trouve les indicateurs de la santé au Tchad inacceptables. (IL) demande au partenaire au développement du Tchad d’accompagner le gouvernement pour arriver à inverser les tendances …qui sont de très mauvaise qualité », rapporte Le Progrès.

Pour notre confrère N’Djaména Bi- Hebdo, du 27 juin, « le Président de la République, Déby Itno tire la sonnette d’alarme. Il trouve inacceptable que les indicateurs de la santé au Tchad continuent d’afficher des seuils critiques, malgré les moyens déployés ». Enfin l’un des grands événements de la semaine écoulée qui a focalisé l’attention des médias tchadiens au point de leur arracher la vedette reste l’inauguration de la Raffinerie de Djermaya.

« Le Tchad touche son pétrole », c’est la Une du quotidien Le Progrès du 30 juin « Dans la matinée du 29 juin 2011, écrit notre confrère, …le chef de l’Etat, Idriss Déby, coupe le ruban de l’usine de production, puis reçoit des mains des responsables de la société de Raffinage de N’Djaména (SRN) des flacons de gasoil, de naphta (mélange de carbure naturel), de jet et fuel-oil, déjà produits par la raffinerie, informe Le Progrès du 30 juin 2011.. Pour le chef de l’Etat, cité par notre confrère, « les produits raffinés (Jet A1, pétrole lampant, super, gasoil, gaz butan et mazout) sortiront de l’usine avec le prix de 200 Fcfa (non compris le transport et autres charges) le litre ou le kilogramme. Ce prix est provisoire en attendant l’aboutissement des négociations, dans les trois mois à venir, entre le la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT), la China National Petroleum Company (CNPC), les ministères du Pétrole et de l’Energie et des Finances et du Budget » Idriss Déby Itno déplore, par ailleurs, un manquement grave lors des négociations antérieures entre les Chinois et l la partie tchadienne pour « fixer les prix des produits sortis de l’usine » dix ou sept mois avant l’ouverture de la raffinerie. Il demande par conséquent aux parties en présence, surtout à ceux qui auront la responsabilité de gérer cette raffinerie de prendre conscience de leur mission. « Tout le pays doit être ravitaillé et les prix seront les mêmes. Personne ne pourra voler le peuple tchadien. Les hommes véreux, qui pensent se faire beaucoup d’argent sur le dos du peuple tchadien, se trompent. Chaque région aura sa part et chaque région consommera sa part à un prix fixé par l’Etat. …Les lois des Finances sont inviolables. Elles vont s’appliquer, mais modérément pendant les trois mois », avertit le chef de l’Etat qui rassure, à cette occasion, « les populations du Chari Baguirmi qu’elles auront, comme cela se passe ailleurs, les 5% de la production totale des puits du Rônier et de Mimosa », écrit Le Progrès.

« Pétrole au prix économique ou Politique ? », s’interroge l’éditorialiste de N’Djaména Bi-Hebdo, dans sa parution du 30 juin 2011. « Après un report dont on ne connaît les raisons officielles, écrit notre confrère, la raffinerie de Djermaya a été inaugurée le 29 juin dernier ». Selon des sources officieuses, poursuit le journal, « les parties tchadienne et chinoise ne se sont pas accorées sur le prix du litre du carburant sorti de cette raffinerie. Mieux, c’est le chef de l’Etat qui aurait rejeté le prix proposé par les Chinois. Il aurait même trouvé que les parts sociales du Tchad sont trop petites et demanderait que cela soit rehaussé… C’est à croire que les négociations pour ce dossier ont été confiées à des mains inexpertes ».

Pour notre confrère, l’autre inquiétude « vient du sort qui sera réservé à la distribution de ce pétrole »e. « Est-ce de la compétence de la société des hydrocarbures du Tchad ou d’un quelconque groupement de nouveaux distributeurs qui essaiment la ville de N’Djaména de stations de services, créant de fait un monopole dans ce secteur ? », s’interroge le journal qui annonce comme les autres confrères le prix provisoire de ces produits et informe, par ailleurs, que « la nouvelle raffinerie …sera gérée par la Société de raffinage de N’Djaména (SRN), une société de joint-venture créée à 60% par l’Etat chinois et à 40% par l’Etat tchadien, par le biais de leurs compagnies respectives, CNPCI et SHT. Aussi de manière unanime, l’ambassadeur chinois au Tchad et les autorités tchadiennes ont unanimement loué les bienfaits de la coopération entre leurs deux pays. Pour le diplomate chinois, « L’achèvement de cette œuvre exceptionnelle (la raffinerie de Djermaye, ndlr) sur le sol tchadien symbolise l’apogée de nos relations d’amitié et de coopérations, rétablies, il y a cinq ans".

Notre confrère le Bi-Hebdo rapporte les propos rassurants du chef de l’Etat tchadien qui a déclaré devant les caméras et les plumes que« le peuple tchadien a enfin son indépendance énergétique. « Non seulement vous n’allez plus importer les produits pétroliers mais vous allez aussi ravitailler la sous région. C’est un élément important », s’est réjoui Idriss Déby Itno. Et le président de la République de plaider, séance tenante, le sort de la cinquantaine d’ingénieurs tchadiens qui depuis quelques mois réclament des traitements convenables. « Ils doivent être traités de la même manière que leurs collègues chinois », écrit le journal.
 
Le Bi hebdo informe enfin que Mahamat Kasser Younous, ancien secrétaire général du ministère du pétrole et Gali Ngoté Koutou , directeur de cabinet civil à la présidence de la République, sont nommés respectivement directeur généra et directeur général adjoint de la SHT. « Ils ont pour mission de mener les négociations sur le prix définitif des produits de Djermaya.

Laoro Gondjé

La dernière chance ou la fin de l'arrogance.

Les derniers évènements à travers le monde et l’évolution des situations au Tchad nous amènent à penser que plus rien ne sera pareil pour toute dictature dont l’essence suprême est l’injustice, et l’arrogance.

Au Tchad et depuis moult années, Idriss Déby Itno Kamiss et son système de gouvernance déshonorent notre pays à plusieurs échelles. C’est avec une infinie circonscription que le peuple tchadien assiste à cela, non sans moindre aux concepts du manque de courage revendicatif.

Que dire face à un président de la République dont le cynisme politique est dans l’exploitation des dividendes des masses populaires et de division ethnique afin de mieux assoir un pouvoir qui ne bénéficie en rien son peuple, et/ou tout est à l’index de la personne, du culte de la personnalité.

Depuis bientôt 6 mois, le régime despotique d’Idriss Déby Itno Kamiss s’exécute dans un projet funeste. Tout semble indiquer que l’homme du palais rose cherche à bétonner son pouvoir tant l’injonction de l’Élysée se fait sévère, tant les remarques des Occidentaux en général deviennent acerbes et directes. « 20 ans ou 25 ans c’est trop. Il faut lâcher le pouvoir et permettre une alternance démocratique dit-on ». Mais Idriss Déby Itno Kamiss arrogant et omnipotent se vautre dans un cafouillis qui exprime le refus de toute concession. De l’aspect flou que peut présenter un avenir non défini, le régime dictatorial de N’djamèna se prépare de manière précise à sasser toute une génération qui l’avait porté et défendu son système. Si aux yeux des Tchadiens, Déby semble remplacer ses parents en faisant appel aux autres tchadiens ô combien plus compétents, Dieu seul sait les manigances planifiées. Taher Erda, Yaya Seyro, Abakar Kerenkenon et plusieurs de ceux de son clan sont remplacés après s’être enrichis à volonté aux dépens des Tchadiens tandis que dans la foulée plusieurs jeunes sont raflés dans la région d’Amdjaress, bahaï pour en faire demain les remplaçants potentiels de ceux qui sont remerciés. Plusieurs de ces jeunes (15-18 ans) devraient sortir des centres de formations militaires tout comme d’autres bacheliers envoyés en formation au Canada, en Égypte, au Maroc, en France et aux États-Unis. Planifications de futurs nantis et déséquilibre du tissu social, voilà la transgression de la république émise et voulue par l’homme de la renaissance.

Avec l’arrestation de Mr Abderaman Koulamallah, le message des Français est plus direct. Entre les termes officieux et ceux des coulisses, aucun gant n’est pris. «Il ne sert à rien de mettre en prison les cadres de l’opposition politico-militaires si ceux-ci désirent rentrer dans leur pays dans une phase d’une politique de main tendue.  Il faut organiser une table ronde sincère avec l’opposition politico militaires afin de sceller la réconciliation nationale » Silence radio, on réfléchit.

Mais à demeure de réflexion profonde, l’étau se serre, car plusieurs pare-feu semblent être sautés dans les échanges avec les Occidentaux. Le constat avec ce régime devient flagrant sur les aspects injustices sociales, mauvaise gouvernance et violations de droits de l’homme au-delà des intérêts stratégiques que peuvent arborer les esprits de connivences et les évènements en Libye avec leur incidence directe sur un certain support pro Kadhafi. Allons plus loin et relisons avec un point d’once son discours lors de l’inauguration de la raffinerie de Djarmaya : « C’est une coopération exemplaire, gagnant gagnant. La Chine connait l’Afrique et l’Afrique connait la Chine. Nous sommes des partenaires égaux, nous parlons franchement et échangeons sur tous les sujets. Il n’a y pas de sujets tabou (…).Avec la CNPCI, nous avons commencé un partenariat gagnant-gagnant. »
 
À qui s’adresse le tyran tchadien ? Sans nul doute à ceux qui lui font la pression de céder son fauteuil de président, à plus de justice sociale, de réconciliation réelle et de démocratie.

À ceci près, il suffit de scruter les relents diplomatiques du régime Déby pour s’en convaincre qu’aucune velléité positive n’est possible. Le régime multiplie tel un pompier à éteindre des étincelles qui risqueraient de flamber avec l’hexagone. Au lieu d’exprimer réellement un projet permettant de mettre tous les acteurs en harmonie, on envoie ministres, émissaires de l’état, hommes de réseau pour calmer les appréhensions. Pire, sur place le message laissé çà et là est répressif et négatif à l’exemple des Tchadiens rentrés du Soudan par la force, et emprisonnés à N’djamèna. Que retenir d’un président riquiqui et du Tchad, notre pays et son système qui vont de pair avec ce personnage-là. La désolation que nous inflige collectivement un chef d’État qui entraine le pays si bas, et plus encore.

Si le discours d’investiture de Déby Itno Kamiss est attendu avec impatience par plusieurs acteurs politiques tchadiens, que vaudra un homme d’État sans parole ni éthique. Que vaudront les promesses d’un homme habitué à mentir à son peuple et qui revient souvent sur des décisions importantes.

Le tchadanthrope.

samedi 2 juillet 2011

TCHAD: Les retombées de la situation libyenne

DAKAR, 30 juin 2011 (IRIN) - Alors qu’elles tentent de faire face à la perte des envois de fonds des parents qui sont rentrés de Libye, les familles tchadiennes sont confrontées à une insécurité alimentaire croissante, s’endettent encore davantage et vendent leurs biens personnels.

Les envois de fonds, que la moitié des ménages avaient l’habitude de recevoir dans les régions ouest et sud-ouest du Kanem et du Bahr el Ghazal, ont baissé de 57 pour cent, selon une étude menée par les ONG Oxfam et Action contre la Faim (ACF). Les familles recevaient en moyenne 220 dollars par mois.

Dans ces deux régions, la plupart des familles ont réduit le nombre de repas qu’elles prennent ; 70 pour cent mangent des aliments moins nutritifs, et presque un tiers d’entre elles ont recours aux plantes sauvages, comme les feuilles et les baies.
Un ménage sur cinq interrogés avait vendu des biens pour obtenir de l’argent. La plupart ont dit qu’ils avaient dû faire un prêt pour s’en sortir.

Dans le même temps, les familles ont beaucoup de mal à nourrir ceux qui rentrent au pays : Selon Craig Murphy, chargé des opérations de l’Organisation internationale des migrations (OIM), quelque 43 000 migrants sont revenus en camions de Libye au Tchad au cours des trois derniers mois. Au Bahr el Ghazal, jusqu’à 13 personnes peuvent revenir grossir les familles, selon l’étude d’Oxfam/ACF.

« Ces personnes reviennent dans des zones qui souffrent déjà d’insécurité alimentaire, même hors période de crise, » a dit Philippe Conraud, directeur des opérations humanitaires à Oxfam en Afrique de l’Ouest. « Il leur faut de la nourriture, de l’eau, les besoins de base, pour survivre. »

Famine chronique

Les gens du Sahel souffrent d’insécurité alimentaire de façon chronique : en 2010, quelque 10 millions étaient menacés par la famine suite à une sécheresse prolongée et de mauvaises récoltes ; près d’un enfant sur cinq était atteint de malnutrition chronique, et cinq pour cent de malnutrition sévère, selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial (PAM).

Une minorité de familles cherchent de nouvelles sources de revenus : mendier, envoyer les enfants au travail, partir dans d’autres villes à la recherche de travail ou faire les récoltes de façon prématurée, selon ACF et Oxfam.

De nombreux réfugiés de retour sont prêts à accepter n’importe quel travail. Moussa*, un jeune de dix-sept ans qui vient juste de rentrer à Faya, la plus grande ville au nord du Tchad, après avoir travaillé dans une ferme libyenne, a dit à l’OIM qu’il allait essayer de trouver du travail dans une mine de sel maintenant qu’il est rentré chez lui.

Les agences - l’OIM, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le PAM, l’UNICEF et les ONG, dont Oxfam et l’International Rescue Committee (IRC) – ont contribué à fournir aux personnes de retour nourriture, médicaments et eau dans les centres de transit et les destinations principales, les villes comme Faya. Le soutien nutritionnel, nécessaire de toute urgence, va bientôt être mis en place, a dit le coordonnateur du programme de l’OMS, Thomas Karengera.
La rougeole

Terminologie de la malnutrition
La malnutrition chronique est due à des carences nutritionnelles persistantes dans le temps. Elle affecte particulièrement les enfants de moins de cinq ans. Chez les enfants, les symptômes de la malnutrition chronique à court terme incluent un retard de croissance et une perte de poids associés à des déficiences en micronutriments. Les effets à long terme incluent des problèmes de développement physique et mental.
Malnutrition aiguë : Une dégradation radicale et rapide du statut nutritionnel peut se manifester par une malnutrition aiguë ou une émaciation (personnes ayant un faible rapport poids/taille). Cette forme de malnutrition présente des risques plus sérieux pour la santé que la malnutrition chronique. Elle provoque une perte de poids, une détérioration des fonctions corporelles et des déficiences en micronutriments spécifiques. La malnutrition aiguë sévère peut entraîner la mort.
Source: UNICEF
Beaucoup de migrants arrivent avec la rougeole, ce qui a poussé l’IRC, l’OMS et l’UNICEF à lancer des campagnes de vaccination pour les enfants de 6 mois à 15 ans. Une campagne nationale de vaccination anti-rougeole sera bientôt organisée, afin de contenir l’expansion de la maladie. A la date du 19 juin, quelque 5 311 personnes avaient contracté la maladie dans 20 des 22 régions du Tchad depuis le début de l’année, provoquant 63 décès, selon le ministère de la Santé tchadien.

« Nous vaccinons les enfants dès qu’ils arrivent aux centres de transit, afin d’empêcher la maladie de continuer à se propager, » a dit à IRIN Félix Léger, directeur de pays de l’IRC pour le Tchad. Beaucoup de migrants arrivent épuisés, malnutris et déshydratés, a t-il dit, ce qui augmente leur vulnérabilité à la maladie.

Questions d’argent

Oxfam envisage de distribuer de l’argent aux familles vulnérables, mais doit d’abord s’assurer de savoir si les commerçants ont de quoi approvisionner les marchés.

L’argent ne marche pas dans les marchés fragiles. « Nous ne voulons pas être dans une situation où les distributions d’argent font monter les prix, faisant en sorte que ceux qui n’ont pas reçu d’argent ne peuvent se permettre de payer les prix élevés. Cela pourrait entraîner des conséquences négatives, » a dit à IRIN M. Conraud. Selon l’étude d’Oxfam/ACF, seulement 46 pour cent des commerçants au Kanem et au Bahr el Ghazal disposaient de plus de deux mois de stocks.

Le prix des aliments de base a augmenté : A Mao, la capitale du Kanem, le blé importé coûtait 43 pour cent de plus en avril 2011 qu’en avril 2010 ; l’huile d’arachide avait augmenté de 44 pour cent et le riz de 6 pour cent ; le prix du millet avait baissé.

On ne sait pas encore clairement combien de Tchadiens sont susceptibles de rentrer de Libye, a dit M. Murphy del’OIM, qui estime qu’il en reste [en Libye] des dizaines de milliers. Le nombre d’arrivées a diminué durant les dernières semaines, « mais c’est peut-être seulement le calme avant la tempête, » a t-il dit.

Persécutions

Les migrants récemment arrivés ont dit à l’OIM qu’ils étaient chassés non seulement par les combats incessants et l’instabilité, mais aussi parce qu’ils perdent leur emploi et qu’ils ont peur d’être persécutés. Des combattants sahéliens auraient été recrutés au départ pour soutenir le Colonel Kadhafi, faisant craindre aux migrants d’être pris comme cibles.

Certains migrants ont peut-être l’intention de retourner en Libye dès la fin des affrontements, a dit M. Murphy. Cela peut expliquer pourquoi certains ont été abandonnés en cours de route par les camions à Zourake près de la frontière du Niger, a t-il dit.

Les donateurs et les agences humanitaires doivent intensifier leurs opérations, a mis en garde M. Conraud. « Si davantage de migrants quittent la Libye et arrivent dans la zone du Sahel [déjà]vulnérable, la capacité de survie des familles sera sérieusement compromise. Très peu parmi les acteurs de la communauté internationale sont conscients de cette situation ; tout le monde regarde du côté libyen de la frontière, mais il faut regarder davantage du côté du Mali, du Niger et du Tchad.

vendredi 1 juillet 2011

Libye : Béchir Salah Béchir, le dernier kaddafomane

Profitant des nombreuses défections dans l’entourage du "Guide", Béchir Salah Béchir a connu une ascension fulgurante en Libye. Au point de devenir le quasi-numéro deux du régime.
 
Lorsque l’émissaire russe pour la Libye Mikhaïl Margelov évoquait, il y a peu, l’existence de « contacts » entre des proches de Kaddafi et des insurgés à Paris et à Pretoria, c’est à lui qu’il pensait. Sa présence a en effet été signalée, il y a une dizaine de jours, dans la capitale française. Béchir Salah Béchir, 64 ans, directeur de cabinet du « Guide », a longtemps été négligé par les observateurs : personnalité affable et plutôt effacée, il ne pèse ni sur l’échiquier tribal ni au sein de l’appareil sécuritaire. Mais dans la Libye en guerre, alors que l’entourage fidèle au dictateur se réduit comme peau de chagrin, son ascension a été fulgurante. Au point de devenir aujourd’hui le vrai Premier ministre et le quasi-numéro deux du « Kaddafiland » assiégé.
 
L’un des très rares proches du colonel à bénéficier encore de sa confiance, Béchir Salah est né en 1946 à Traghan, petite palmeraie du Sud, à une cinquantaine de kilomètres de Mourzouk. Il apprend le français au Tchad voisin, devient enseignant dans un collège de Sebha et milite très jeune au sein de l’opposition à la monarchie. Au lendemain du 1er septembre 1969, le Conseil de la révolution en fait un ambassadeur : en Centrafrique d’abord, puis en Tanzanie et en Algérie. Au milieu des années 1980, le voici gouverneur de son Fezzan natal, poste qu’il occupera jusqu’en 1992, quand il rejoint le ministère des Affaires étrangères en tant que directeur du protocole d’État. C’est là que Kaddafi le remarque vraiment. En 1998, Béchir Salah devient le directeur de cabinet de celui qui a toujours été son unique modèle.
Le messager
 
Depuis, cet homme qui n’a pas son pareil pour rendre logiques et rationnels les discours et décisions les plus invraisemblables de son patron est devenu progressivement incontournable. La communication extérieure du « Guide » sur le continent africain, avec financement de journaux, radios et agences de presse à l’appui, c’est lui, tout comme le grotesque « Forum des rois, sultans, princes, cheikhs et chefs coutumiers d’Afrique ». Il le fait à la libyenne, sans états d’âme et avec la conviction que tout s’achète, y compris les consciences.
    De passage à Paris en 2007, l’Élysée lui déroule le tapis rouge.

À partir de 2006, Béchir Salah prend une tout autre envergure. Cette année-là, Kaddafi le place à la tête du Libya Africa Investment Portfolio (LAP), fonds d’investissement doté de 8 milliards de dollars et de multiples tentacules. La compagnie aérienne Afriqiyah, le distributeur Oil Libya, l’opérateur Green Networks, plusieurs banques de développement, l’étrange Fondation Teresys basée à Saint-Marin, la chaîne d’hôtels Laico et le très opaque LAP Suisse SA tombent ainsi dans son escarcelle. Une position de puissance qui lui vaut de porter régulièrement les messages du « Guide » et d’être reçu au plus haut niveau partout où il se rend – particulièrement en Afrique. De passage à Paris en décembre 2007, l’Élysée de Nicolas Sarkozy, où officie Claude Guéant, lui déroule le tapis rouge. Tout comme les patrons d’Airbus, d’Arianespace, de Lafarge, de Total et de quelques autres grands groupes.
 
Depuis mars 2011, le vent a tourné. Placé sur la liste des personnalités sous sanctions américaines et européennes, ses avoirs à l’étranger gelés – tout comme les fonds extérieurs du LAP –, Béchir Salah Béchir n’est même plus en mesure d’utiliser la demi-douzaine de passeports diplomatiques africains (sénégalais, notamment) dont ses hôtes reconnaissants le gratifiaient en des temps meilleurs : tous périmés. À Tripoli, où ses relations avec Seif el-Islam, le fils aîné de Kaddafi, se sont considérablement dégradées – il est même monté au créneau début avril pour démentir que ce dernier joue le moindre rôle dans les négociations : « C’est faux. Seul le ministre des Affaires étrangères a ce pouvoir » –, le « dircab » du « Guide » se dit prêt à mourir aux côtés de son Pygmalion. S’il n’en reste qu’un

France-Tchad : Ouverture de l’affaire Deby

Le mardi dernier s’ouvrait, aux assises des Hautes-Seines (France), le procès de cinq hommes présumés avoir fatalement agressé Brahim Déby, le fils du président tchadien, retrouvé mort dans le parking de son immeuble à Courbevoie le 2 Juillet 2007. Quatre des accusés ont été arrêtés en 2008 pour avoir attaqué la victime moyennant un pistolet à impulsions électriques tandis que le dernier aurait fourni des informations sur le mode de vie de Brahim Déby.

D’ailleurs, la première journée de cette affaire, qui se déroulera jusqu’au 8 juillet, a été consacrée à examiner le quotidien de Brahim Déby afin de savoir si cela « peut expliquer une partie des faits », selon le président de la cour, Jean-Pierre Getti. Avant sa disparition, Brahim Déby était déjà connu de la police française : menant la dolce vita, il avait été condamné à six mois de réclusion avec sursis pour port d’arme et détention de drogues en 2006. Des faits confirmés par l’enquête de police, à l’instar des dépenses immodérées en night club (au moins 27.000 dollars la veille de son agression), des locations de somptueuses voitures et villas…Ce qui attirait du monde dans son entourage, dont un des accusés, loueur de voitures et considéré comme le cerveau du groupe.

D’après l’aveu de deux d’entre eux, ces hommes ne voulaient que voler à Brahim Deby du liquide qu’il gardait chez lui sans le tuer. Ce qu’ils n’ont pas réussi à faire, se contentant simplement de 50.000 euros (68.000 dollars) soutirés de ses poches. Une somme parmi tant d’autres que recense cette affaire, aussi faramineuses les unes que les autres. Même s’il est question de crime, on ne peut éviter de déplorer les gabegies dans lesquelles les familles de nombreux hauts responsables africains vivent en Occident. Cela a d’ailleurs été récemment soulevé avec le cas des présidents Sassou Nguessou du Congo-Brazzaville et Nguema Obiang de Guinée-Equatoriale dont les proches se permettent bien de folies dans l’Hexagone. Pendant qu’en moyenne, 3 quarts d’africains vivent en dessous du seuil de pauvreté.