Le Tchadanthropus Tribune

vendredi 8 juillet 2011

Communiqué N° 4/C- CNCD/07/2011

Nouvelles extraditions illégales de Tchadiens vivant au Soudan

Le CNCD alerte l’opinion internationale, les pays et organismes partenaires du Tchad, sur le sort des Tchadiens extradés du Soudan vers le Tchad.

Les mouvements politico-militaires, de même que les organisations des droits de l’homme, ont déjà à maintes reprises, alerté l’opinion quant aux menaces qui pèsent sur ces opposants tchadiens au Soudan.

Malgré cela, la chasse aux opposants tchadiens continue et le lundi 27 juin 2011, ce sont vingt-deux cadres politiques et officiers de l’opposition qui ont été transférés de force par avion de Khartoum à N’Djamena, en même temps qu’un nombre indéterminé d’ex-combattants et de civils acheminés par la route vers Abéché.

Il faut rappeler qu’après le rapprochement, en janvier 2010, des deux gouvernements soudanais et tchadien, les forces combattantes qui étaient basées à la frontière soudano-tchadienne, avait accepté de remettre leurs armes et les chefs politiques ont quitté le terrain en attente de pourparlers, en juillet 2010.
Depuis cette date, non seulement les autorités de Ndjamena font la sourde oreille aux différentes propositions de médiation, mais elles font pression sur le gouvernement soudanais pour harceler et traquer les membres de l’opposition tchadienne qui refusent de rallier purement et simplement mais réaffirment leur engagement pour une solution pacifique, à travers la négociation

Ainsi, des dizaines de personnes sont arrêtées et maintenues au secret. D’autres sont extradées illégalement par vagues successives. Des milliers d’ex combattants et cadres subissent un calvaire quotidien, à travers le territoire soudanais : sans ressources, sans aide alimentaire ou assistance médicale, et leurs papiers d’identité confisqués.

De même, l’accès aux locaux du HCR à Khartoum, leur est interdit et tous ceux qui se sont présentés pour se faire enregistrer comme réfugiés ont été systématiquement refoulés.

Le CNCD demande que:

· La Croix Rouge et les organisations humanitaires soient immédiatement autorisées à rendre visite à ceux emprisonnés au Tchad et au Soudan et que les bureaux du HCR au Soudan procèdent à l’enregistrement des demandeurs d’asile.

· Les gouvernements tchadien et soudanais s’engagent solennellement à respecter les principes humanitaires et les conventions internationales, notamment celles interdisant la tortures et les détentions extrajudiciaires, et engagent un vrai dialogue avec leurs oppositions respectives ; ce qui constitue la meilleure garantie contre les violences récurrentes et pour une véritable stabilité.

· Le CNCD lance un vibrant appel à toutes les forces démocratiques pour une vaste mobilisation, en multipliant les démarches et les actions pour exiger la fin des politiques de répression et d’arrestations arbitraires.

Paris le 8 juillet 2011

Annette Yoram Laokolé

Coordinatrice du CNCD

jeudi 7 juillet 2011

Procès Brahim Déby : de 5 à 13 ans de prison pour les meurtriers du fils du président tchadien Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Procès Brahim Déby : de 5 à 13 ans de prison pour les meurtriers du fils du président tchadien

Quatre des cinq prévenus au procès du meurtre de Brahim Déby, fils du président du Tchad, ont écopé de peines allant de 5 à 13 ans de prison ferme. Un cinquième homme a été acquitté.
 
Sur les cinq individus accusés d’avoir participé en juillet 2007 à l’agression mortelle de Brahim Déby, fils du président tchadien, la justice française en a condamné quatre à des peines allant de 5 à 13 ans de réclusion. La cour n’a pas suivi les demandes de l’avocat général qui avait requis des peines de dix à vingt ans d’emprisonnement à l’encontre des accusés.
 
Quatre d'entre eux comparaissaient pour vol avec violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner, un cinquième était jugé pour complicité. Seuls d’eux d’entre eux ont reconnus les faits.
 
Marin Cioroianu, 45 ans, a été condamné à la plus lourde peine, avec 13 ans d’emprisonnement. Dan Batoua, suspecté d’être le cerveau de l’organisation, a été condamné à 12 ans de prison. Jaime de Carvalho, 29 ans, a quant à lui été condamné à 9 ans de réclusion. Pierre-Claude Messi Ntsama, 28 ans et proche de la victime, a été jugé pour complicité et écope quant à lui de 5 ans de prison. Un cinquième homme, qui comparaissait libre, a été acquitté.
 
Le 2 juillet 2007, Brahim Déby, 27 ans, avait été découvert agonisant dans le parking de son immeuble de Courbevoie, dans la banlieue parisienne, après avoir été attaqué au pistolet à impulsions électriques par quatre faux policiers. Son corps était couvert de poudre d'extincteur.
 
Le passé de la victime, ses fréquentations douteuses et son statut de fils de président d’un pays pétrolier profondément divisé par des rébellions à répétition pouvait laisser croire à un crime politique. Mais l’avocat de la famille Déby Itno, avait affirmé que le vol était le principal mobile du meurtre.
Une soirée qui tourne au drame
 
Arrivé à Paris quelques jours auparavant, le fils du président commence la soirée de ce 2 juillet dans une boîte de nuit parisienne où il fait la rencontre d’une jeune femme d’origine maghrébine. En sa compagnie, il se rend dans un restaurant africain. À l’aube, le couple rentre chez le jeune homme, à Courbevoie.
 
À peine garé dans son parking en sous-sol, Brahim se fait agresser par cinq hommes cagoulés qui font irruption en hurlant « police ! ». L’un deux plaque la jeune fille au sol pendant que Brahim se débat, avant de recevoir une violente décharge électrique émise par un pistolet. Il finira par mourir, asphyxié par la neige carbonique dont l’ont aspergé ses agresseurs. Ses poches ayant été auparavant vidées des 50 000 euros qu’elles contenaient. (Avec AFP)

mercredi 6 juillet 2011

La muse du palais rose : Hinda TRABELSI

Qui a dit que les premières dames sont les premiers drames de leur mari ? Diderot n’a-t-il pas dit : » l’ennemi le plus dangereux d’un souverain, c’est sa femme, si elle sait faire autre chose que des enfants. » Leurs pratiques inconsidérées ont souvent contribué à leur chute. Et si au sujet de Hinda Deby, pardon Hinda Trabelsi, nous n’étions pas si éloignés de la vérité ? En effet, il y a des signes qui ne trompent pas. Qu’elle soit la coqueluche de son mari, c’est une affaire de couple. Mais qu’un décret, autrement dit une loi de la République, précise que c’est elle la première dame et nulle autre, c’est une question d’État. Plusieurs Chefs d’État africains sont polygames. L’exemple patent est celui de Jacob Zuma, Président de l’Afrique du Sud. Mais l’ordre de préférence de leurs épouses n’est pas du domaine de la préséance politique. Comme tout est banalisé au Tchad, personne n’a remarqué que Hinda avait mis le pied sur la première marche d’un escalier dont on ne saurait où il conduit ?
 
Elle était déjà par décret secrétaire particulière du Président. Comme si étant la première dame et la préférée, elle n’était pas celle qui souffle le dernier mot à l’oreille de son mari de Président ? Elle est de fait coprésident, car ne dit-on pas qu’en Afrique "même le chien du roi est roi" ! Femme du Chef de l’État, première dame et secrétaire particulière, Hinda se trouve à un nœud du pouvoir exécutif qui n’est pas rien. Tous les dossiers passent par elle. Elle supervise les initiatives et les propositions du Cabinet du Président, du Secrétariat général du Gouvernement et du premier ministre. Et même du protocole. Peu accède au Président sans passer par elle. Avec le temps, elle et le Président ne sont qu’une et même personne. Lors des déplacements du Président à l’intérieur du pays, les posters de la première dame sont plus nombreux que ceux du Chef de l’État.

Les avantages de cette situation stratégique sont nombreux. D’abord un parterre de courtisans. "Maman Hinda" devient le sobriquet qu’utilisent tous ceux dont les demandes sont en attente. Le sort faisant bien les choses, le décès de la mère du Président fait de Hinda la "Mère de la nation". Il faut passer par elle pour avoir qui un poste, qui un bon de commande. "Maman Hinda" a sa propre clientèle et de nombreux obligés. Et cela à tous les niveaux de la hiérarchie de l’État : le premier ministre, des ministres, des généraux, des secrétaires généraux des ministères et autres directeurs généraux et directeurs, sans oublier certains opérateurs économiques. Le réseau des obligés de la première dame est opérationnel jusqu’aux démembrements de l’État et elle en tire tous les bénéfices. Hinda ne se refuse rien. À peine 10 ans d’un mariage, elle a déjà 20 villas à N’Djamena !!!

À Paris, elle a acheté un appartement de luxe dans un quartier chic, ce dont Deby ne s’est pas permis de le faire à ce jour. Notre Hinda ne crache pas non plus sur les bijoux, les belles chaussures, les beaux habits, concurrençant certaines scandaleuses premières dames africaines. L’intelligence malfaisante de Hinda ne s’est pas arrêtée aux avantages que lui procure le pouvoir de son mari. Elle détient une partie de ce pouvoir. Par ruse, elle a réussi à instaurer une véritable oligarchie en plaçant des membres de sa famille et ses obligés à des postes stratégiques et juteux. Un autre pan de son activité (les ragots, les intimidations, le démarchage…) est assuré par sa maman et sa sœur, l’épouse d’un général respectable.

Au mariage de son petit frère, celui-ci a remis à certains des invités des billets de 500€ qu’ils ont distribués à profusion aux orchestres chantant leurs louanges. Ceux qui étaient venus avec des F CFA pour la circonstance sont repartis sans toucher à leur porte-monnaie.

Par marabouts interposés, Hinda a placé des PM, des ministres et autres hauts fonctionnaires. Non seulement elle est au-devant de la scène politique, position que légitimerait son statut de femme intellectuelle du Président depuis qu’elle a publié un livre « la main sur le cœur », elle manœuvre tout depuis les coulisses du Palais Rose. Toujours plus de pouvoir, la Vice-présidente est dans les affaires, investissant dans les transports, les constructions, les entreprises d’import-export, etc. L’appétit venant en mangeant, qui peut parier qu’elle ne sera pas l’auteure d’un holding économique et financier avec des hommes-écrans. Il n’y a rien d’impossible dans ce pays où tout est permis. Mais n’est-elle pas au sommet de la tour ? À bien voir, seule la sécurité échappe à la secrétaire particulière. Elle a nommé des chefs de gouvernement, des ministres et des ambassadeurs. C’est quand même le privilège régalien du Chef de l’État. Elle a réussi à désigner des membres du bureau de la nouvelle Assemblée nationale. Elle a donc les prérogatives du MPS, parti au pouvoir. Hinda talonne Deby.

Ce qui étonne plus d’un observateur, c’est le silence ou la peur panique d’Idriss Deby Itno. Il n’a pas osé réguler les ambitions, les actions et les prétentions de Hinda. Lui qui ne partage jamais son pouvoir, semble admettre le kif-kif avec sa femme et même accepte sans broncher de déléguer sans contrôle son pouvoir avec « l’ogre ». Au Palais Rose, on raconte que lorsque le mari a un empêchement temporaire, c’est Hinda Trabelsi qui organise, dicte et décide. Personne n’arrive à sa cheville. Les gens qui quittent la présidence après le travail semblent revenir d’un cimetière. Pas le moindre sourire ! De là à penser qu’un pacte ontologique lie Deby à Hinda, il n’y a qu’un pas. D’aucuns disent que ce sont les marabouts, les auteurs de cette alliance. Séparer Deby et Hinda c’est une question de vie et de mort. Et même évoquer cette perspective fait trembler Deby de tous ses os. Il y a de quoi avoir peur. En effet, lorsque Hinda incarne à elle seule Leïla Trabelsi, Constancia Obiang, Grace Mugabe et Simone Gbagbo, la porte de l’enfer n’est pas loin. Et Idriss Deby y sera conduit pieds et mains liées. Idriss Deby Itno n’est que plus que l’ombre de lui-même : un tigre en papier.

BELOMGOTO Emmanuel (je n’ai pas de pays/Bienvenue)

TCHAD: Le pari d'Emeka Offor

ERHC, la société cotée sur le marché libre américain et contrôlée à 42% par le magnat nigérian Emeka Offor, s'est vue attribuer, le 30 juin, trois permis d'exploration par le gouvernement tchadien. Ndjamena négocie actuellement des permis d'exploration avec plusieurs pétroliers, dont Tullow Oil (AEI nº654). Les trois permis attribués à ERHC sont les blocs Manga, BDS 2008 et Chari-Ouest bloc 3. Ces deux derniers sont situés à proximité de la zone de production de Doba d'ExxonMobil. Jusqu'à l'année dernière, Chari-Ouest bloc 3 était opéré par Overseas Petroleum & Investment Corp., la branche internationale de la société nationale taïwanaise China Petroleum Corp. (jusqu'en 2006, le Tchad reconnaissait Taïwan plutôt que Pékin, avant de changer d'allégeance). Quand à Manga, il s'agit d'une zone inexplorée située au nord du lac Tchad, le long de la frontière avec le Niger.

Cette acquisition représente la première tentative d'ERHC de diversifier son portefeuille. A ce jour, les seuls actifs du groupe, qui compte parmi ses administrateurs l'ancien ambassadeur américain au Nigeria Howard Jeter, sont situés dans la zone économique conjointe entre le Nigeria et Sao Tomé, ainsi que dans la zone économique exclusive de l'île. Le mois dernier, ERHC a également déposé une offre pour le périmètre tanzanien de Tanganyika North, sur le lac éponyme (AEI nº654). A terme, le groupe cherche à se lister sur l'Alternative Investment Market de Londres.

Tchad – Prochain champ de guerre de Sarkozy ?

NDJAMENA – C’est avec consternation que les autorités tchadiennes à Ndjamena la capitale, ex Fort-Lamy, ont appris que la France s’apprêtait à retirer les forces françaises dites « Épervier » (950 hommes) du Tchad. Selon une déclaration du chef du quai d’Orsay Alain Juppé, « La force militaire appelée Épervier  »ne se justifie pas » et doit être rapatriée ». Le Tchad est un pays d’Afrique centrale sans accès à la mer. Pour ses exportations de pétrole, il passe par les ports camerounais, après avoir construit un oléoduc avec le concours de la Banque mondiale. Situé au sud de la Libye, à l’est du Niger et du Nigeria, au nord du Cameroun et de la République centrafricaine et à l’ouest du Soudan, ce pays qui connait par intermittence des guerres craint pour sa stabilité. Sa capitale est N’Djamena. Géographiquement et culturellement, le Tchad constitue un point de passage entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire.


Le fin du président Idriss Deby Etno ?

Faisant suite à la demande d’Idriss Deby Itno qui avait déclaré le 11 août 2010 : « Nous nous acheminons vers une révision de l’accord de siège entre Epervier et le Tchad ». la France réagit donc. Le président tchadien ne savait pas que la Libye serait en proie à une guerre de prédation. Apparemment donc, il existerait entre Paris et Ndjamena, un désamour qui ne dit pas son nom. Après la déstabilisation de la Libye où, selon nos informations l’Otan préparerait une invasion terrestre dans les 10 jours qui viennent et les armes qui vont circuler indubitablement avec la probable défection des rebelles de Kadhafi venant pour la plupart du Tchad et du Niger, le Tchad sera en proie à des troubles, puisque la force française Épervier était/est en quelque sorte, une force d’interposition. Ce pays d’Afrique centrale de près de 12 millions d’habitants peut pousser la guerre du Niger, jusqu’à se répandre au Cameroun. Est-ce cette affaire qui a fait que le président tchadien ne se déplace au procès de son fils aîné Brahim assassiné à Courbevoie,  procès qui a lieu jusqu’au 8 juillet prochain à Nanterre ? Tout était prévu pour son déplacement mais, en dernière minute, il n’est pas venu.

Une nouvelle guerre de prédation ?
 
Les gisements du pétrole tchadien sont exploités par un consortium associant ExxonMobil (Etats-Unis), Chevron (Etats-Unis), et Petronas (Malaisie). Aucun pétrolier français dans le lot. Représentant 80% des exportations nationales, le pétrole permet à la balance commerciale de ce pays pauvre jadis, de devenir nettement excédentaire. Selon un protocole d’accord avec la Banque mondiale, il doit servir de financement à la lutte contre la pauvreté et le Tchad bénéficie de 2 milliards d’euros/an à cet effet.  Pourquoi donc la France tenterait de déstabiliser ce pays en retirant ses troupes ? Pourquoi maintenant alors que le président Déby l’avait demandé depuis 2010 ? Le hasard n’étant pas de ce monde, soit, la France convoite aussi le pétrole tchadien sous injonction de ses multinationales, soit, la France fait semblant d’avoir un contentieux avec le Tchad, complice comme certains États africains, en contribuant à la liquidation sans vergogne de Mouammar Kadhafi pour assouvir la soif de sang et de pétrole des puissances occidentales. La question est de savoir que feront les États-Unis et le Cameroun lié au destin du pétrole tchadien.

Ruse pour envoyer ces hommes en Libye ?

Selon plusieurs sources concordantes, l’attitude française passerait par un envoi de tous ces hommes postés au Tchad en Libye. En effet, enlisée dans la guerre contre le peuple libyen et son leader Mouammar Kadhafi, la France, sans en référer à l’Onu ou à l’Otan comme d’habitude, après le parachutage illégal d’armes aux rebelles qui n’avancent point malgré la propagande ambiante, aurait décidé d’envoyer des troupes au sol pour en finir. Info ou intox ? Dans les tous prochains jours, nous en sauront un peu plus. Alors que le Parlement français, sorte de chambre, de caisse de résonance et/ou psittacidé, fera allégeance au président de la République Nicolas Sarkozy pour l’extension de la guerre au sol le 12 juillet prochain, en leur âme et conscience, alors que la Libye, pays membre des Nations unies, n’a jamais attaqué la France, ce serait le comble.

COMMUNIQUE NO: 07/SG/ANCD/2011

ALLIANCE NATIONALE POUR LE CHANGEMENT ET LA DÉMOCRATIE (ANCD)
                                                     UNITÉ-PAIX-JUSTICE

L’Alliance Nationale pour le Changement et la Démocratie (ANCD) salue les déclarations de Monsieur Alain Juppé, ministre français des affaires étrangères et européennes, sur le retrait des forces épervier du Tchad.
En effet, il est incompréhensible qu’au moment où la France, de concert avec la communauté internationale, cherchant à protéger la population civile et les processus démocratiques (notamment en Libye et en Cote d’Ivoire), le régime de N’djamena, non seulement, oppresse et martyrise la population mais également fraude et falsifie les résultats des urnes au nez et à la barbe d’Epervier. Ce régime despotique, arrivé par les armes, n’a jamais respecté les aspirations légitimes du Peuple tchadien à concrétiser une alternance pacifique et une réconciliation entre les fils du Tchad. Ce Peuple, qui parmi les premiers à avoir répondu à l’appel du 18 juin 1940 pour mettre terme à la barbarie nazie, est capable de se libérer de cet état d’asservissement que lui impose le tyran de N’djamena.

L’ANCD lance un appel solennel au Peuple tchadien, et plus particulièrement à la jeunesse tchadienne, à la mobilisation et à la résistance pour mettre terme à ce régime moribond et rebâtir un Tchad nouveau bannissant la violence et intégrant sa place dans le concert des Nations libres et démocratiques.
Par ces déclarations, la France écrit, aujourd’hui, un nouveau chapitre des ses relations bilatérales avec le Tchad. Ce chapitre ne peut que concourir à l’instauration d’une vraie démocratie où la justice, la liberté, l’alternance politique et la bonne gouvernance ne resteront pas de vains mots. Retrait d’Epervier ou modification d’accord de défense annihilent, in extenso, tout pressentiment tendant à affirmer le concours de la France à un potentat au lieu du Peuple tchadien.

L’ANCD ne ménagera aucun effort pour contribuer à la réalisation d’une alternance pacifique et loue, encore une fois, cette approche qui dénote la volonté de la France à poursuivre une politique étrangère lisible, crédible et conforme à ses valeurs historiques et culturelles.

Le 06 juillet 2011 MAHAMAT Mahdi-Ali
Secrétaire Général de l’ANCD
Tel : +33617070383
E-mail : sgancd@aol.com

Enfin la France se désolidarise de la dictature Debyfole !

J’ai appris avec beaucoup de joie et d’émotion la décision en vue, du ministre français des Affaires étrangères, M. Alain Juppé. Il a exprimé la décision de retirer le dispositif Épervier au Tchad. La principale raison avouée est économique. Mais en acteur attentif de l’évolution politique et diplomatique du Tchad,  je pressens  un ras-le-bol des partenaires du Tchad, particulièrement la France. La révolution de jasmin entrainera ; l’été tchadien, une révolution qui atteindra le subsaharien.

La France avait adopté une attitude inhumaine, en apportant un appui militaire, lors de nos raids héroïques, au sein de l’opposition politico-militaire de l’est du Tchad, contre la soldatesque du clan Debyfole, de 2003 à 2009. Nous avons dans nos déclarations à la presse, le 29/11/2007, écrit : d’être, en état de belligérance contre l’armée française.

Comment une nation démocratique, comme la République française, maintient une dictature sanguinaire au pouvoir ? Est –elle une simple erreur politique/diplomatique ou simple manœuvre mafieuse ? L’arrivée à la tête de la diplomatie française, de monsieur Alain Juppé, améliore la face de la République au plan diplomatique, en appuyant des soulèvements populaires contre des dictatures atroces. En effet, la diplomatie de monsieur Alain Juppé améliorera les relations entre le peuple tchadien et le peuple français. La méthode Juppé s’avère efficace.  

Ce n’est malheureusement, pas suffisante cette décision.  Se retirer du Tchad et laisser une dictature en place sera un acte d’irresponsabilité. Le devoir moral obligera la France à s’investir au Tchad pour restaurer l’État et la Démocratie. Car, le spectre de la guerre civile est fortement présent au Tchad, un énorme risque qui débordera en cas de conflit armé. Il y a donc, à mon humble avis des solutions pacifiques. Permettez-moi de suggérer une solution simple et pragmatique, pour restauration de l’État et de la démocratie au Tchad.
Par humanisme et devoir moral, la France doit s’investir pour accompagner le processus de démocratisation et de restauration de l’État au Tchad :

  1. Il faut dans un délai bref, forcer la main du dictateur à accepter de négocier, avec l’opposition civile et politico-militaire. Une conférence de paix et de réconciliation nationale doit être organisée en France ou au Tchad sous le regard attentif de la communauté internationale.
  2. À l’issue de cette conférence, il sera mis en place un gouvernement de transition, avec un premier ministre issu de l’opposition, avec un large pouvoir ; un parlement de transition élu à la conférence et le parlement de transition éliront un premier ministre. Le gouvernement de transition aura un cahier de charge précis et pragmatique.
  3. Le gouvernement aura pour missions principales : la restauration de la démocratie, en assurant la continuité des services publics, la reforme de l’État et des lois électorales suivant le schéma du cahier de charges, adopté à la conférence de paix et de réconciliation ; le gouvernement de transition aura pour tâches d’organiser des élections libres et transparentes. Les membres du gouvernement de transition ; du parlement provisoire et les administrateurs seront privés au cours de leurs mandats de leurs droits civiques. Sortent de garder de fou pour éviter tout dérapage, fraude ou tentative de fraudes.
Ainsi le Tchad connaitra la paix et la démocratie et le dictateur au pouvoir aura une issue honorable. Si comme d’habitude, il met en avance l’arrogance, les mensonges et l’incompréhension ; alors nous n’aurons pas le choix, la solution sera la guerre.

Mahamat Hassane Boulmaye
Membre de l’opposition politique du Tchad en exil